Développement durable

Vers une économie de l’espace pour une ville durable

1- La « densification urbaine » : Définition et enjeux

La densification urbaine est une notion développée et mise en œuvre par les aménageurs et urbanistes, visant à répondre à la demande croissante de logements tout en consommant moins d’espaces et d’énergie, dans un objectif de développement durable.

Pour ce faire, les professionnels de l’aménagement du territoire cherchent à optimiser les zones d’ores et déjà urbanisées (parfois délaissées) et à exploiter les réserves foncières jusqu’à présents inutilisées. Les quartiers sont ainsi repensés en profondeur dans le respect de la trame architecturale locale et en lien avec leurs différentes fonctionnalités actuelles et futures (accès aux transports, à la culture, aux commerces, etc.), pour favoriser un meilleur cadre de vie.

Pour supporter le développement d’une véritable stratégie territoriale de densification des tissus urbains, des documents cadres sont établis depuis l’échelle régionale vers les échelles inférieures (ex : Schéma de Cohérence Territorial). Les grandes orientations données par ces documents de planification du territoire sont traduites dans les documents d’urbanisme des communes (PLU, PLUi) qui ne peuvent s’y substituer.

2- Un bref retour historique sur la construction des structures urbaines actuelles

Lorsque l’on entend parler de « Densification urbaine », on ne peut s’empêcher de penser aux quartiers de grands ensembles, avec leurs tours et barres d’immeubles, souvent stigmatisés « quartiers sensibles »….Ce qu’il faut bien comprendre, c’est que la construction massive de ces quartiers s’est opérée, pour une majeure partie d’entre eux, entre les années 45 à 70. Au sortir de la guerre, la pénurie de logements et la croissance très importante de la population (venue s’installer en ville), nécessitaient alors de bâtir urgemment pour pouvoir loger un maximum de personnes.

Cependant, ces constructions ont été rapidement rejetées par la population en recherche d’un meilleur cadre de vie et d’une accession à la propriété. Ce phénomène a favorisé l’étalement des villes vers les campagnes environnantes, multipliant ainsi le développement des réseaux sur ces espaces (infrastructures routières, ferroviaires, raccordements à l’électricité, etc.).Une première prise de conscience générale, dans le début des années 90, va marquer un tournant dans les réflexions menées sur l’organisation de la ville et des espaces urbains ; poussée par les premières avancées sur le « Développement durable » et les préoccupations environnementales.

Ces idées prennent aujourd’hui un nouveau souffle, stimulées par une nouvelle politique d’aménagement en faveur de la densification des territoires, prise au niveau national (ex : Loi ALUR – 2014) et répercutée à l’échelle locale.

3- Les constats

Si à l’heure actuelle la courbe de croissance des zones urbaines françaises tend à se stabiliser, on constate tout de même une progression continue des surfaces « artificielles » . Ainsi, à l’échelle nationale, les chiffres de l’INSEE  sont éloquents. Depuis 2008, l’Institut enregistre une croissance moyenne des espaces urbanisés de près de 55 000 hectares par an, captés sur les surfaces agricoles et naturelles du territoire métropolitain (INSEE, 2016).

Outre, la réduction générale des surfaces destinées aux terrains agricoles et naturels qui se retrouvent parfois enclavés, l’étalement urbain n’est pas sans conséquences pour le cadre de vie des populations. En effet, le développement continu des aires urbaines repousse toujours plus loin les possibilités d’accès aux espaces de détente et de loisirs que sont les campagnes, les boisements, etc., pourtant prisés du grand public.
Enfin, certains quartiers anciens, pourtant riches d’une histoire locale, de traditions, etc. ; ont été délaissés au cœur même des aires urbaines au profit de constructions nouvelles sur les franges extérieures des villes.

4- Face aux idées reçues, des question et des réponses

–    « La densification urbaine va-t-elle faire pousser des immeubles en lieu et place des quartiers résidentiels ? »
NON,
Aujourd’hui, les politiques d’aménagement qui sont appliquées sur le terrain ne sont plus seulement soumises à des contraintes techniques ou financières. Aussi, si la densification urbaine a vocation à développer le nombre de logements au km2, elle ne pourra s’opérer qu’au cas par cas et dans des proportions en phase avec l’environnement du projet. Cette rationalisation de l’espace ne s’intéressera donc pas à la construction exclusive  d’immeubles et autres habitations collectives. En effet, entre le quartier résidentiel « traditionnel » et les barres d’immeubles, les conceptions de la ville moderne recensent aujourd’hui un grand nombre de formes urbaines modulables, excluant le recours à la construction de tours et d’immeubles disproportionnés.
Par ailleurs, les réflexions développées autour de quartiers déjà urbanisés font de plus en plus souvent appel à la parole citoyenne qui offre ce que le jargon des aménageurs appelle « l’expertise d’usage ». L’objectif pour ces professionnels est de pouvoir prendre en considération les éléments incontournables de la vie du quartier (maison de quartier, esplanade, architecture atypique, commerce transmis de génération en génération, etc.), et de les mettre en valeur ou de les restaurer pour maintenir voir développer la qualité de vie des habitants présents et des nouveaux arrivants.

–    « Si l’on reconstruit dans les anciens quartiers, ceux-ci ne risquent-ils pas de perdre leur identité ? »
Pas forcément,
L’identité d’un quartier répond de son architecture, de l’histoire passée, mais également et surtout de l’investissement de ses habitants pour le faire vivre.
Ainsi, des solutions peuvent être apportées aux problématiques de densification urbaine et de rajeunissement du patrimoine immobilier, tout en préservant la structure du quartier. La préservation du fonctionnement du quartier dépendra essentiellement de l’empreinte laissée par les associations locales, de l’investissement des habitants dans la vie du quartier, mais aussi du soutien apporté par les décideurs locaux (aide aux initiatives locales, création d’espaces de rencontres, développement de l’offre culturelle, etc.).

–    « Est-ce la fin des espaces verts ? »
NON,
La fonction principale reconnue aux espaces verts est  d’embellir les espaces publics de la Commune où peuvent se détendre les promeneurs. Néanmoins, les parcs, jardins et squares remplissent également d’autres rôles essentiels parfois bien plus importants au sein des espaces urbains. Depuis quelques années, de nombreuses études ont pu mettre en avant l’impact de ces espaces ouverts dans la protection contre les nuisances sonores, le désengorgement des réseaux d’eaux pluviales (lié à la perméabilité des sols), l’absorption du dioxyde de carbone par les plantes et, de plus en plus, comme lieux de refuge pour la biodiversité qui investit la ville.
Ces fonctions sont autant d’arguments qui rendent ces espaces vitaux dans notre quotidien. Les parcs et jardins seront donc préservés voir développés au sein des différents quartiers.

5- Sucé-sur-Erdre : la stratégie d’une ville « foncièrement » durable !

Reconnue pour la qualité de son patrimoine naturel et architectural, implanté sur les contreforts de l’Erdre ; la Commune de Sucé-sur-Erdre est fortement marquée par une agriculture traditionnelle typique de la région. Ces grandes caractéristiques offrent à Sucé-sur-Erdre une identité propre, conciliant tradition et modernité dans un contexte territorial tendant parfois à l’uniformisation des tissus urbains.

Bien sûr, les problématiques liées à la densification urbaine n’épargnent pas le territoire et doivent être traitées avec une attention toute particulière par la Municipalité. « Nous restons vigilants sur les mesures à prendre car nous devons veiller à la préservation du cadre environnemental que nous voulons transmettre aux générations futures… » explique Valérie Niescierewicz – 1ère Adjointe en charge de l’Urbanisme.

Si la Commune accueille beaucoup de familles avec enfants, installées dans des quartiers d’habitations avec jardins ; elle doit également faire face aux besoins de plus en plus prégnants d’une partie de la population sucéenne, requérant un accès simplifié aux services de proximité, tout en gardant un attachement certain pour le cadre de vie local.

« Il faut densifier dans le respect de la Commune et de son histoire car les règles prises à l’échelle nationale doivent être adaptées au territoire questionné et trouver une cohérence dans le temps… » rappelle Valérie Niescierewicz qui poursuit : « Il est évident que la densification urbaine ne pourra être mise en œuvre qu’à long terme, dans le respect de règles strictes, établissant notamment le déploiement d’une trame végétale sur toute la ville et excluant les immeubles sur des hauteurs inconsidérées ».
Ce mot d’ordre est également défendu par l’ensemble des élus qui participent activement aux réflexions sur l’aménagement du territoire, y compris au-delà des frontières de la Commune, pour sensibiliser les différentes échelles d’acteurs aux particularités de ce secteur “stratégique” pour la conservation du patrimoine local.

A ce titre, la ville s’est fermement engagée pour délimiter un cadre de référence autour des  questions d’urbanisation. Ainsi, depuis 2010, Sucé-sur-Erdre a intégré le “Périmètre de protection et de mise en valeur des Espaces Agricoles et Naturels périurbains” (PEAN) qui vise à préserver ces terres de toute urbanisation dispendieuse. Elle peut également compter sur le soutien des services de l’Etat et de leurs représentants (Architectes des Bâtiments de France, Inspecteurs des sites, etc.), chargés de la préservation du Sites Classé et Inscrit de la Vallée de l’Erdre , du Site Natura 2000 des Marais de l’Erdre, des Monuments Historiques et de leurs environs, etc. ; pour maintenir cet environnement cher à des générations de Sucéens. « N’oublions pas non plus l’investissement important des Sucéens pour défendre le patrimoine qui forge leur quotidien et donne ce cachet à la Ville. Avec eux, nous recherchons à développer les espaces d’échanges pour discuter des solutions possibles à  ce nouveau défi urbain ! », conclut Valérie Niescierewicz.

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